    {"id":336,"date":"2020-05-02T13:34:38","date_gmt":"2020-05-02T11:34:38","guid":{"rendered":"https:\/\/bsdrs.org\/?page_id=336"},"modified":"2020-05-02T16:03:32","modified_gmt":"2020-05-02T14:03:32","slug":"episode-six","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/bsdrs.org\/index.php\/episodes\/episode-six\/","title":{"rendered":"Episode six"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-luminous-vivid-amber-background-color\"><strong>Deux possibilit\u00e9s s\u2019offrent \u00e0 vous pour lire cet \u00e9pisode :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-luminous-vivid-amber-color\"><strong>==&gt; Soit dans le flibook juste ci-desssous<br>==&gt; Soit directement sur cette page (voir plus bas).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-luminous-vivid-amber-color\"><div class=\"_df_book df-lite\" id=\"df_337\"  title=\"la-galerie-episode-vi\" _slug=\"la-galerie-episode-vi\" wpoptions=\"true\" thumbtype=\"bg\" ><p class=\"df-raw-loading\">Please wait while flipbook is loading. For more related info, FAQs and issues please refer to <a href=\"https:\/\/dearflip.com\/about\/dflip-3d-flipbook-wordpress-usage-faqs\/\">dFlip 3D Flipbook Wordpress Help<\/a> documentation.<\/p><\/div><script data-cfasync=\"false\">var option_df_337 = {\"outline\":[],\"forceFit\":\"true\",\"autoEnableOutline\":\"false\",\"autoEnableThumbnail\":\"false\",\"overwritePDFOutline\":\"false\",\"direction\":\"1\",\"pageMode\":\"0\",\"source\":\"https:\\\/\\\/bsdrs.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/05\\\/Galerie-AHOS-Episode-6.pdf\",\"wpOptions\":\"true\"}; if(window.DFLIP && DFLIP.parseBooks){DFLIP.parseBooks();}<\/script><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-text-align-center has-very-dark-gray-color has-luminous-vivid-amber-background-color\"><strong>\u00c9PISODE SIX &#8211; CHACUN SA ROUTE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">L\u2019eau du bain \u00e9tait chaude. Ari s\u2019immergea dans l\u2019immense baignoire dont il ne parvenait pas \u00e0 toucher les deux extr\u00e9mit\u00e9s en m\u00eame temps. De la main gauche, il r\u00e9cup\u00e9ra les quelques feuilles d\u00e9pos\u00e9es sur le porte-serviette, et \u00e9quilibra la cigarette fumante, de la main droite, sur le cendrier, au bord de la baignoire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Il relisait le document publi\u00e9 par Analytika, sign\u00e9 par Paula Lebrun. Le papier datait de 2018, deux ans plus t\u00f4t. Mais il trouvait un \u00e9cho \u00e9tonnant dans ce que le monde vivait au beau milieu de cette crise sanitaire in\u00e9dite. Les propos de l\u2019analyste principale du consortium des partis nationalistes, l\u2019AEM, \u00e9taient des plus gla\u00e7ants. En effet, Paula \u00e9voquait la n\u00e9cessit\u00e9 de contr\u00f4ler les fronti\u00e8res avant que \u00ab&nbsp;la Nature ne l\u2019impose&nbsp;\u00bb. Ari se demanda comment une femme, en apparence si brillante et au CV universitaire si solide, pouvait abonder dans le sens des id\u00e9es soutenues par les populistes europ\u00e9ens les plus rudes, les plus fervents. Il pensa que quelque chose de brutal avait d\u00fb lui arriver.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Ari n\u2019\u00e9tait pas dupe, il \u00e9tait intelligent et avait fait ses preuves comme analyste politique et conseiller sp\u00e9cial. D\u2019ailleurs, ses \u00e9crits professionnels avaient plus marqu\u00e9 les consciences que les romans qu\u2019il avait publi\u00e9s, \u00e0 part \u00ab&nbsp;Boulevard des Nimbes&nbsp;\u00bb, bien entendu. Aussi, jamais il n\u2019\u00e9tait tomb\u00e9 dans la facilit\u00e9 de la&nbsp;<em>reductio ad Hitlerum<\/em>, pi\u00e8ge dans lequel les journalistes politiques et les pseudo-experts s\u2019enfournaient all\u00e9grement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Il \u00e9crasa la cigarette et reprit le cours de sa lecture. En s\u2019enfon\u00e7ant dans les mots, le souvenir de sa premi\u00e8re rencontre avec Paula se fit plus pr\u00e9cis, moins trouble. Les odeurs des couloirs strasbourgeois du Parlement europ\u00e9en vinrent lui chatouiller les narines. Tout comme les bruits particuliers de cette immense ruche d\u00e9mocratique, qui l\u2019embaum\u00e8rent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Cela devait \u00eatre en 2015, cinq ans plus t\u00f4t. Au hasard d\u2019un d\u00e9dale de couloirs, au beau milieu d\u2019une myriade d\u2019alc\u00f4ves o\u00f9 s\u2019\u00e9changeaient quelques secrets. Ari y cherchait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment la salle de r\u00e9union o\u00f9 devait avoir lieu la retransmission d\u2019une s\u00e9ance \u00e0 Bruxelles. Il s\u2019\u00e9tait battu pour pr\u00e9parer le dossier de Jo Zinserling. Il l\u2019avait pens\u00e9, construit, d\u00e9velopp\u00e9, ratur\u00e9, modifi\u00e9 et enfin peaufin\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Pour ce parlementaire allemand, membre actif de la coalition Libeuro pour laquelle Ari travaillait, c\u2019\u00e9tait un grand jour. Un jour de gloire, en quelque sorte. Les membres du consortium des droites lib\u00e9rales europ\u00e9ennes comptaient sur lui pour fesser l\u2019impudence de l\u2019AEM (Alliance Europ\u00e9enne des Mouvements Nationaux) et son nouveau projet de loi sur la tra\u00e7abilit\u00e9 des personnes \u00e0 risque en cas de pand\u00e9mie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">De son c\u00f4t\u00e9, Paula \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 assise dans la salle de projection. Elle attendait patiemment que son poulain entre en piste. Casaque noire et toque brune, le champion du jour \u00e9tait le tr\u00e8s flamingant Bart Floen. Elle l\u2019avait pr\u00e9par\u00e9 sur les questions scientifiques, coach\u00e9 sur les aspects techniques et conditionn\u00e9 pour remporter la partie. Selon les renseignements r\u00e9colt\u00e9s par le bureau d\u2019information de l\u2019AEM, la partie \u00e9tait gagn\u00e9e d\u2019avance. En effet, la plupart des partis de droite, les centristes et m\u00eame quelques radicaux \u00e9cologistes plaidaient pour la m\u00eame mise en \u0153uvre d\u2019outils juridiques en support \u00e0 l\u2019utilisation de moyens de surveillance de masse. Elle \u00e9tait sereine.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Tout cela, c\u2019\u00e9tait sans compter le coup de Trafalgar, ourdi par les strat\u00e8ges de Libeuro. Ils avaient vu en cette volte-face une mani\u00e8re unique et originale d\u2019une fois pour toutes se d\u00e9barrasser des positions qui renfor\u00e7aient l\u2019id\u00e9e que les droites, m\u00eame \u00e0 l\u2019extr\u00eame, pouvaient s\u2019unir. Ari en \u00e9tait l\u2019artisan principal.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Ari, dans le bain, sourit. Il repensa encore \u00e0 cette magnifique matin\u00e9e o\u00f9 son meilleur discours et ses plus beaux mots avaient mis en \u00e9chec l\u2019extr\u00eame droite europ\u00e9enne dans sa quasi-int\u00e9gralit\u00e9. Les Belges du parti nationaliste flamand, les Fran\u00e7ais du Rassemblement national, les Hongrois du Jobbik, les Italiens du Nord, les Espagnols nostalgiques de Franco, les Allemands du NPD, les Grecs de l\u2019Aube dor\u00e9e, le FPO des Autrichiens et encore d\u2019autres petits partis en avaient pris pour leur grade. Ari plongea la t\u00eate dans l\u2019eau, en ressortit d\u00e9licatement, alluma une autre cigarette et se replongea dans ses souvenirs. Retour au Parlement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Apr\u00e8s avoir tourn\u00e9 et tourn\u00e9 encore, il avait finalement trouv\u00e9 la bonne salle de visionnage. Derri\u00e8re les vitres \u00e0 moiti\u00e9 fum\u00e9es, la salle d\u2019une capacit\u00e9 de cinquante si\u00e8ges, r\u00e9serv\u00e9e aux conseillers et analystes, \u00e9tait presque pleine. Il restait trois places \u00e0 l\u2019avant, une \u00e0 l\u2019arri\u00e8re. Ari avait opt\u00e9 pour le dernier rang d\u2019o\u00f9 il pouvait facilement embrasser la salle. Les d\u00e9bats avaient d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Aux premiers mots de Bart Floen, Jo Zinserling avait envoy\u00e9 une premi\u00e8re salve. Il avait interpell\u00e9 le parlementaire brun sur le fait que les mesures propos\u00e9es \u00e9taient celles d\u2019un parti de gauche puisqu\u2019elles agissaient sur une restriction des libert\u00e9s. Rapidement, les ailes de gauche avaient vocif\u00e9r\u00e9. Il n\u2019\u00e9tait pas question de laisser dire pareilles ignominies. Ainsi, un front s\u2019\u00e9tait cr\u00e9\u00e9 contre Libeuro, toutes tendances confondues. Un front que les nationalistes de tous bords s\u2019\u00e9taient empress\u00e9s non pas d\u2019enfoncer, non&nbsp;! Au contraire, tr\u00e8s vite les membres de l\u2019AEM s\u2019\u00e9taient insurg\u00e9s. D\u00e9non\u00e7ant une d\u00e9marche d\u00e9magogique, proche des discours tenus durant les p\u00e9riodes les plus noires qu\u2019avait connues l\u2019Europe.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Dans la salle de visionnage, des rumeurs avaient enfl\u00e9. Ari n\u2019avait pas regrett\u00e9 la place qu\u2019il avait choisie. Il pouvait tout entendre et tout voir. Les r\u00e9actions \u00e9taient \u00e9parses, mais convergentes. Les d\u00e9mocrates hurlaient presque de la position tenue par Libeuro. Comme pr\u00e9vu, \u00e0 Bruxelles, Jo Zinserling avait attendu que le brouhaha cesse. \u00c0 cinq cents kilom\u00e8tres de l\u00e0, un sourire conqu\u00e9rant avait anim\u00e9 le visage d\u2019Ari. Ils \u00e9taient tous tomb\u00e9s dans le pi\u00e8ge. Son pi\u00e8ge.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">La proposition de loi consistait \u00e0 \u00e9quiper les pays d\u2019outils juridiques permettant de tracer les individus contamin\u00e9s en cas de pand\u00e9mie sans que cela ne se f\u00eet sur base volontaire. Comme toutes les propositions de loi qui passent devant le Parlement, des discussions pr\u00e9alables avaient eu lieu. La surprise est rare dans l\u2019h\u00e9micycle europ\u00e9en. La \u00ab&nbsp;r\u00e9volte&nbsp;\u00bb de Libeuro avait donc \u00e9t\u00e9 une sacr\u00e9e surprise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Depuis longtemps d\u00e9j\u00e0, Ari avait pris le pari d\u2019envoyer la coalition d\u2019extr\u00eame droite dans les cordes. Il avait saisi l\u2019occasion.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Au premier rang, Paula n\u2019avait d\u00e9j\u00e0 plus le m\u00eame sourire, son visage n\u2019arborait plus les m\u00eames certitudes, et Ari le remarqua. Sans savoir qui elle \u00e9tait, sans supposer qu\u2019elle \u00e9tait son adversaire du jour, il ne l\u2019avait plus quitt\u00e9e du regard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-text-align-center has-luminous-vivid-amber-color\">***<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Claude baissa le journal vers le tableau de bord et remarqua Sofia au loin. Elle venait de sortir du Consulat et se dirigeait vers la voiture dans laquelle il l\u2019attendait, patiemment. Les larges lunettes de soleil de Sofia lui cachaient une partie du visage. \u00c0 cause de cela, Claude ne remarqua pas sa mine d\u00e9confite. Elle avan\u00e7ait de moins en moins vite. Elle ne pouvait pourtant pas faire demi-tour, Claude \u00e9tait dans sa voiture, et c\u2019\u00e9tait sa carte de presse qui \u00e9tait accol\u00e9e au pare-brise. Elle n\u2019avait plus que quelques m\u00e8tres pour trouver une parade.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Claude, lui, s\u2019\u00e9tira dans la voiture. Il le fit si fort qu\u2019il balan\u00e7a les bras derri\u00e8re l\u2019appui-t\u00eate. Soudain, la porte arri\u00e8re droite s\u2019ouvrit violemment, il vit passer une ombre et ne put que l\u00e2cher un \u00ab&nbsp;merde&nbsp;\u00bb quand il comprit que les menottes lui entravaient d\u00e9j\u00e0 les mains.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Les flics \u00e9taient arriv\u00e9s par l\u2019arri\u00e8re. Sans doute que le moteur tournant de cette voiture gar\u00e9e l\u00e0 depuis une bonne demi-heure avait attir\u00e9 l\u2019attention d\u2019un pr\u00e9cautionneux voisin. Un de ces voisins comme on r\u00eavait de ne pas en avoir dans les temps difficiles.&nbsp;&nbsp;&nbsp;Peut-\u00eatre \u00e9tait-ce le libraire ou le pharmacien&nbsp;? Peut-\u00eatre un habitant de l\u2019immeuble d\u2019en face&nbsp;? Toujours \u00e9tait-il que la police avait agi avec v\u00e9locit\u00e9 et furtivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Malgr\u00e9 cela, Sofia s\u2019avan\u00e7a. Inutile de reculer, de mimer ou de feinter. De plus, elle avait en poche le passeport diplomatique. Sa notori\u00e9t\u00e9 l\u2019accompagnait en territoire fran\u00e7ais. Elle tenta de parler en arrivant devant les trois policiers, mais Claude la devan\u00e7a.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Je vous l\u2019ai dit, l\u00e0&nbsp;! La p\u2019tite dame m\u2019a pris en stop juste apr\u00e8s Castelnaudary. J\u2019sais pas qui c\u2019est moi. J\u2019sais m\u00eame pas si c\u2019est sa bagnole ou celle de son mec, gueula Claude en for\u00e7ant sur l\u2019accent parisien.<\/li><li>Taisez-vous, monsieur. On va v\u00e9rifier, dit le plus jeune des perdreaux.&nbsp;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">La main tendue et la bouche en c\u0153ur, Sofia d\u00e9clina son identit\u00e9, papiers \u00e0 la main, et confirma avoir pris ce sympathique passager en stop, sur le bord de la route. Il paraissait, selon elle, bien sous tous rapports. Pour toute r\u00e9ponse, le plus z\u00e9l\u00e9 du trio lui tendit l\u2019avis de recherche.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Claude n\u2019osait pas affronter Sofia dans les yeux. La regarder mentir pour son bien le mettait mal \u00e0 l\u2019aise. Cependant, il \u00e9tait convaincu qu\u2019elle avait choisi la meilleure solution. Les policiers ne le m\u00e9nageaient pas. Sofia ne s\u2019en offusqua pas, ce n\u2019\u00e9tait pas le moment. Ainsi, elle regarda Claude se faire embarquer dans la voiture de police, immobile et impuissante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Apr\u00e8s avoir simul\u00e9 la fouille de la bo\u00eete \u00e0 gants et s\u2019\u00eatre assur\u00e9e que tout danger \u00e9tait d\u00e9sormais \u00e9loign\u00e9, Sofia revint sur ses pas. Elle sonna au Consulat et demanda l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un ordinateur s\u00e9curis\u00e9 durant quelques minutes. Le secr\u00e9taire consulaire accepta. Ce n\u2019\u00e9tait pas tous les jours que la cousine du Lieutenant-Colonel Lakoubi faisait l\u2019honneur de demander un service.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-text-align-center has-luminous-vivid-amber-color\">***<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Seulement une heure apr\u00e8s l\u2019arrestation de Claude Kupfer par la police fran\u00e7aise, un message opportun arriva sur le bureau de Juan. Il s\u2019en allait d\u00e9jeuner. La matin\u00e9e avait \u00e9t\u00e9 fatigante et la r\u00e9union avec Steven un peu houleuse. Il l\u2019avait renvoy\u00e9 chez lui. Une dose de sommeil ne lui serait que b\u00e9n\u00e9fique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Mais le repos ne fut que de courte dur\u00e9e. Juan appela Steven&nbsp;: Claude \u00e9tait localis\u00e9.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">En prenant sa douche, Steven banda ses muscles. Son corps avait \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la fatigue et \u00e0 la tension extr\u00eame de l\u2019attente. La longue route, aller et retour, entre Bruxelles et B\u00e9ziers, avait \u00e9t\u00e9 difficile d\u2019un point de vue nerveux.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Sur ses jambes comme sur les bras, les stigmates des combats pass\u00e9s racontaient une partie de son histoire. Un coup de couteau par ici, un trou de balle par-l\u00e0, un imbroglio avec un fil barbel\u00e9 et des coups en veux-tu en voil\u00e0. Des cicatrices suite \u00e0 de nombreuses chutes attestaient de son exp\u00e9rience au combat.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">\u00c0 chaque fois qu\u2019il passait la main sur la droite de sa poitrine, il repensait \u00e0 Juan.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Sur son sein droit, la peau, entre la clavicule et la quatri\u00e8me c\u00f4te, \u00e9tait \u00e9toil\u00e9e de couches ros\u00e2tres et vermeilles. Incrust\u00e9e dans la peau \u00e0 l\u2019encre, la t\u00eate de cerf \u00e9tait bien ant\u00e9rieure \u00e0 la br\u00fblure. Elle n\u2019avait pas surv\u00e9cu \u00e0 la chirurgie et \u00e0 la longue r\u00e9paration des tissus. La peau, boursouffl\u00e9e, emprisonnait d\u00e9sormais un amas d\u2019encre noire qui rappelait la carte num\u00e9ro trois du test de Rorschach. Le tout donnait une image \u00e9trange o\u00f9 les bombements lisses s\u2019enchev\u00eatraient autour de la tache comme des racines dans une mangrove.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Si Juan n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 l\u00e0, pr\u00e8s de lui, dans cette nuit colombienne, sans doute que les d\u00e9g\u00e2ts eurent \u00e9t\u00e9 plus importants. Le fou furieux qui se battait avec Steven \u00e0 coups de flammes avait les yeux inject\u00e9s de sang et de coca\u00efne. Le lance-flamme improvis\u00e9 \u00e0 l\u2019aide de mat\u00e9riel agricole avait crach\u00e9 de fines gerbes de liquide en feu impr\u00e9gnant le tissu de son gilet tactique. La substance \u00e9tait comme collante. Le gu\u00e9rillero avait tir\u00e9 \u00e0 sept ou huit reprises, et plus il tirait plus Steven \u00e9tait aveugl\u00e9 par la chaleur. Par chance, Juan \u00e9tait arriv\u00e9 derri\u00e8re le cracheur et l\u2019avait abattu d\u2019une balle dans la nuque, juste \u00e0 la crois\u00e9e des nerfs rachidiens. L\u2019homme stoppa toute activit\u00e9, s\u00e9ance tenante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Steven sortit de la douche et se dirigea vers le miroir. Il attrapa la bouteille de v\u00e9tiver et, comme tous les jours, massa l\u2019immense ch\u00e9lo\u00efde. Chaque impr\u00e9gnation, depuis plus de quinze ans, incrustait un peu plus dans ses chairs la reconnaissance qu\u2019il devait \u00e0 Juan.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">&nbsp;&nbsp;Claude Kupfer en vie, une nouvelle mission l\u2019attendait avant de retrouver Paula Lebrun et de la liquider, elle aussi.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-text-align-center has-luminous-vivid-amber-color\">***<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Pour Sofia, tout s\u2019\u00e9tait bien pass\u00e9 finalement. L\u2019avion \u00e9tait sur le tarmac, comme pr\u00e9vu. Son cousin Reza, que tout le monde connaissait sous le pr\u00e9nom d\u2019Amin, avait d\u00e9livr\u00e9 ce qu\u2019il avait promis. La voiture de Sofia avait \u00e9t\u00e9 mise en lieu s\u00fbr. Ses quelques effets personnels aussi. Un nouveau t\u00e9l\u00e9phone \u00ab&nbsp;anonyme&nbsp;\u00bb lui avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 par le Consul lui-m\u00eame. Enfin, le chauffeur avait pris toutes les pr\u00e9cautions pour ne pas \u00eatre contr\u00f4l\u00e9 ni sur la route ni dans la zone d\u2019embarquement vide de ses passagers. Seuls quelques vols humanitaires ou de fret \u00e9taient encore assur\u00e9s. Quant aux vols diplomatiques, ils avaient cours normalement. Ils \u00e9taient utiles pour d\u00e9placer certains personnels, notamment les \u00ab&nbsp;acheteurs&nbsp;\u00bb charg\u00e9s d\u2019acheter des masques de protection \u00ab&nbsp;au cul&nbsp;\u00bb des avions de transport.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Ainsi s\u2019\u00e9tait-elle retrouv\u00e9e confortablement assise dans un des dix luxueux si\u00e8ges du Dassault Falcon&nbsp;8 floqu\u00e9 aux armes du Royaume du Maroc. \u00c0 l\u2019autre bout de l\u2019appareil, une h\u00f4tesse discutait respectueusement avec l\u2019officier de s\u00e9curit\u00e9 qui \u00e9tait \u00e0 pr\u00e9sent en charge de la protection de Sofia. Elle se pencha vers le hublot et ne vit qu\u2019une \u00e9tincelante immensit\u00e9 bleue dans laquelle le soleil mourait. La M\u00e9diterran\u00e9e se para\u00eet de ses atouts nocturnes.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-text-align-center has-luminous-vivid-amber-color\">***<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Tu as pris tout ton temps&nbsp;? demanda Juan, agac\u00e9.<\/li><li>Non, non. J\u2019ai fait au plus vite. J\u2019\u00e9tais crev\u00e9, le temps de prendre une douche et d\u2019avaler une bricole. Mais me voil\u00e0. Alors, ce Claude&nbsp;? demanda Steven.&nbsp;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Juan s\u2019approcha de lui et lui toucha le pectoral droit tout en souriant. C\u2019\u00e9tait comme un geste d\u2019all\u00e9geance, comme une marque de suj\u00e9tion. Il prit les deux tasses de caf\u00e9 fra\u00eechement d\u00e9pos\u00e9es sur le plateau par la jeune L\u00e9na, et invita Steven \u00e0 s\u2019asseoir avec lui dans le petit salon.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Il est \u00e0 Toulouse&nbsp;! Dans les mains de la police fran\u00e7aise.<\/li><li>\u00c7a ne va pas \u00eatre coton&nbsp;! J\u2019imagine que tu veux que je l\u2019\u00e9limine&nbsp;?<\/li><li>Bien s\u00fbr. Mais cela va \u00eatre facile. Un transfert en Belgique est pr\u00e9vu, et sans tarder. Les relations franco-belges sont au z\u00e9nith de la diplomatie avec cette crise sanitaire. Le Pr\u00e9cieux parisien et la Girafe bruxelloise ont un programme commun dans la gestion de la crise.&nbsp;&nbsp;<\/li><li>D\u2019accord. Tu as des d\u00e9tails&nbsp;?<\/li><li>Oui, des d\u00e9tails j\u2019en ai. Mais j\u2019ai pire que \u00e7a&nbsp;!<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Quelque peu h\u00e9sitant, Steven se pencha pour prendre le caf\u00e9. Il remonta le regard vers Juan et croisa le sien, glac\u00e9. Il paraissait m\u00e9content, exalt\u00e9 m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Kupfer a affirm\u00e9 aux flics qu\u2019il n\u2019a pas tu\u00e9 Ari&nbsp;!<\/li><li>Bah non, puisque c\u2019est nous qui l\u2019avons but\u00e9, fit remarquer Steven.<\/li><li>Il a aussi dit qu\u2019il \u00e9tait vivant, et qu\u2019il en apporterait la preuve, rapidement.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Juan d\u00e9tailla ce que lui avait rapport\u00e9 la source dont il gardait l\u2019identit\u00e9 secr\u00e8te, m\u00eame pour Steven. Il lui raconta que Claude avait d\u00e9ball\u00e9 l\u2019histoire du client Airbnb d\u2019Ari, et avait m\u00eame fourni l\u2019identit\u00e9 du Cubain. Claude s\u2019\u00e9tait encore vant\u00e9 de pouvoir entrer en contact avec Ari. Il avait des choses \u00e0 n\u00e9gocier et \u00e9tait en mesure de prouver que le meurtre de Gaelle n\u2019\u00e9tait pas de son chef, lui non plus. Selon lui, sa blessure par balle attestait de sa bonne foi et de son statut de victime.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Et pour le client de Livuzian&nbsp;? demanda Steven quelque peu \u00e9tonn\u00e9.<\/li><li>J\u2019ai fait v\u00e9rifier. Le type est bien port\u00e9 disparu. La Havane le r\u00e9clame comme touriste ill\u00e9galement confin\u00e9.&nbsp;<\/li><li>Merde&nbsp;!&nbsp;<\/li><li>Comme tu dis. Tu vas me nettoyer tout \u00e7a. Je veux un plan pour demain midi. Tu prends qui tu veux, tu montes ton \u00e9quipe, mais Ari, Paula et Kupfer doivent mourir, et vite.<\/li><li>OK. OK.&nbsp;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">La voix de Juan \u00e9tait calme, les mots pos\u00e9s. Steven savait qu\u2019il ne plaisantait pas.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-text-align-center has-luminous-vivid-amber-color\">***<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Pour le troisi\u00e8me soir cons\u00e9cutif, Ari p\u00e9n\u00e9tra, \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, dans le bungalow. Les lieux \u00e9taient toujours d\u00e9serts. Il d\u00e9cida d\u2019allumer la t\u00e9l\u00e9vision et baissa le volume presque au minimum avant de mettre l\u2019ordinateur sous tension.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Durant tout l\u2019apr\u00e8s-midi, il avait eu le temps de r\u00e9fl\u00e9chir. Confin\u00e9 dans ce petit village d\u00e9sert de la cambrousse du nord de la France, Ari \u00e9tait en s\u00e9curit\u00e9. Les lieux \u00e9taient une planque id\u00e9ale. Mais ce n\u2019\u00e9tait pas en agissant de la sorte que les choses allaient s\u2019am\u00e9liorer. La passivit\u00e9 avait, selon Ari, ses limites. Impossible de prouver qu\u2019il \u00e9tait en vie en restant claquemur\u00e9. Impossible aussi de blanchir Claude, et encore moins de stopper celui qui jouait \u00e0 dieu avec les profils qu\u2019il avait cr\u00e9\u00e9s.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">L\u2019\u00e9cran de l\u2019ordinateur scintillait, comme l\u2019espoir d\u2019Ari. Quand il ouvrit la bo\u00eete aux lettres morte sur le site ProtonMail, il d\u00e9couvrit le message de Sofia.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">\u00ab&nbsp;Message bien re\u00e7u. J\u2019ai suivi ton conseil. Je suis en route. Rejoins-moi. Pas la peine de lire le message pr\u00e9c\u00e9dent. Je t\u2019aime. PS Ton mentor a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9. Rien pu faire.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Sofia avait utilis\u00e9 le style t\u00e9l\u00e9graphique. Ils avaient convenu d\u2019utiliser cette forme impersonnelle et laconique lorsque la situation \u00e9tait grave. Le message pr\u00e9c\u00e9dent, il n\u2019avait tout simplement pas eu l\u2019opportunit\u00e9 de le lire. Il pensa que Sofia en avait envoy\u00e9 deux, coup sur coup. Elle avait pris le soin d\u2019effacer le premier. Au moins, \u00e9tait-elle en s\u00e9curit\u00e9, quoique paraissant un peu d\u00e9boussol\u00e9e.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Ari composa alors un nouveau message et le sauva dans les brouillons. Il n\u2019y avait rien dit de sa situation, aucun d\u00e9tail. Elle pouvait \u00eatre rassur\u00e9e sans \u00eatre en danger de savoir.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Il continua son investigation sur Paula. Sans doute \u00e9tait-elle pour quelque chose dans ce qu\u2019il advenait des personnages d\u2019Ari. En bon joueur de billard fran\u00e7ais, Ari entreprit de toucher Juan par un coup d\u00e9tourn\u00e9. Et ce qu\u2019il avait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 comme information sur Paula l\u2019amenait \u00e0 penser qu\u2019elle \u00e9tait la cible id\u00e9ale. Oui, id\u00e9ale. D\u2019abord parce qu\u2019elle \u00e9tait sans doute moins prot\u00e9g\u00e9e que Juan. Ensuite parce qu\u2019il n\u2019y avait aucun doute qu\u2019elle fut moins dangereuse que son commanditaire. La plupart des gens se r\u00e9v\u00e9laient \u00eatre moins hardis que Juan. Il se rappela des deux dingues qu\u2019il avait rencontr\u00e9s \u00e0 la gare de Bruxelles, quelques jours plus t\u00f4t, lors de la livraison de la derni\u00e8re clef USB. Il se rappela surtout de celui qui avait un physique de Viking.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Il sauvegarda encore quelques articles, donn\u00e9es et profils sur les r\u00e9seaux sociaux en les enregistrant dans un Google Drive anonyme qu\u2019il avait rattach\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse ProtonMail utilis\u00e9e commun\u00e9ment avec Sofia. Il lui laissa aussi quelques instructions pour plus tard.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Il \u00e9tait temps de fouiller les m\u00e9andres de l\u2019Internet pour trouver d\u2019\u00e9ventuelles traces de nouveaux personnages impliqu\u00e9s dans la manipulation que Juan avait mise en place. Il commen\u00e7ait \u00e0 \u00eatre convaincu qu\u2019il s\u2019\u00e9tait fait avoir, que la cupidit\u00e9 dont il avait fait preuve en vendant les profils de La Galerie l\u2019avait men\u00e9 \u00e0 sa propre perte et \u00e0 celle de Claude. Qu\u2019elle avait entra\u00een\u00e9 la mort d\u2019au moins deux innocents&nbsp;!&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-text-align-center has-luminous-vivid-amber-color\">***<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">La maison familiale \u00e9tait un palais marocain digne d\u2019un d\u00e9cor d\u2019\u00e9pop\u00e9e arabique. Une immense construction centrale, entour\u00e9e d\u2019une myriade de jardins o\u00f9 l\u2019eau coulait en abondance, et qui ressemblait \u00e0 un bijou d\u2019alb\u00e2tre dans un \u00e9crin d\u2019\u00e9meraude teint\u00e9 de bleu. En pleine nuit, m\u00eame sans lune, les lanternes \u00e9clairaient les lieux comme si la nuit n\u2019\u00e9tait qu\u2019une aurore perp\u00e9tuelle.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Reza sortit sur le parvis pour accueillir Sofia. Suivi par une jeune europ\u00e9enne et deux vieilles mouk\u00e8res au visage marqu\u00e9 au henn\u00e9, il lui tendit les bras, les moustaches relev\u00e9es par le sourire irradiant le visage.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Ma Cousine, ma ch\u00e8re cousine.<\/li><li>Bonjour, Reza.<\/li><li>Voici ma future \u00e9pouse, Kate, dit-il en d\u00e9signant la jeune femme derri\u00e8re lui.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Sofia s\u2019approcha de la grande blonde aux yeux verts. Elle \u00e9tait quelque peu intrigu\u00e9e de la d\u00e9couvrir sous la lumi\u00e8re filtr\u00e9e par le moucharabi\u00e9. Elle \u00e9tait encore plus belle qu\u2019en photo.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Tr\u00e8s vite, le courant passa entre les deux femmes. Les mots n\u2019\u00e9taient pas n\u00e9cessaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">En bon ma\u00eetre de maison, Reza invita les vieilles femmes et sa future \u00e9pouse \u00e0 s\u2019occuper des affaires de l\u2019invit\u00e9e de marque, f\u00fbt-elle une femme. Dans la famille Lakoubi, on \u00e9tait progressiste, tr\u00e8s progressiste m\u00eame.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Sofia pr\u00e9c\u00e9da son cousin dans le petit salon attenant au bureau principal du riad. Une fois install\u00e9 juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Sofia, il prit la parole.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>J\u2019ai lu pour Ari&nbsp;! Je suis d\u00e9sol\u00e9, je l\u2019aimais bien. C\u2019est pour \u00e7a que tu es venu te r\u00e9fugier ici&nbsp;? demanda-t-il.<\/li><li>Oh. Non. Oui, c\u2019est \u00e0 cause de lui. Mais j\u2019ai une bonne nouvelle&nbsp;!<\/li><li>Ah bon&nbsp;? s\u2019inqui\u00e9ta Reza perturb\u00e9 par la bonne humeur de Sofia.<\/li><li>Ari n\u2019est pas mort. Tout \u00e7a n\u2019est pas vrai.<\/li><li>Mais le corps&nbsp;? Tu sais, j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 l\u2019ambassade bruxelloise que l\u2019on se renseigne.<\/li><li>Et&nbsp;?<\/li><li>Eh bien, ils ont confirm\u00e9 la mort d\u2019Ari.<\/li><li>Ce n\u2019\u00e9tait pas lui.<\/li><li>Ah.&nbsp;&nbsp;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Et Reza se tut, \u00e9coutant attentivement le r\u00e9cit de Sofia qui rapportait celui de Claude. Dans un premier temps, il n\u2019eut que peu de r\u00e9actions. Quand Sofia \u00e9voqua les tueurs et la cavale, il parut plus int\u00e9ress\u00e9. Mais, lorsqu\u2019elle \u00e9voqua la possible relation entre les portraits qu\u2019Ari avait cr\u00e9\u00e9s, les meurtres et sa cavale, Reza fit montre d\u2019une grande pr\u00e9occupation.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-text-align-center has-luminous-vivid-amber-color\">***<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Plus au nord, dans la th\u00e9ba\u00efde champ\u00eatre, Ari scrutait les messages relay\u00e9s par les diff\u00e9rents profils identitaires qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 rep\u00e9r\u00e9s plus t\u00f4t. Ceux-l\u00e0 m\u00eames ayant fortement fait suivre les informations sur Guillaume Sargues et Jacques Durand. Il parcourait les pseudonymes, v\u00e9rifiait les pages Facebook avec un compte sp\u00e9cialement cr\u00e9\u00e9 \u00e0 cet effet. Se faisant passer pour un certain St\u00e9phane Maurice, il ne craignait pas d\u2019\u00eatre rep\u00e9r\u00e9, pouvait commenter et m\u00eame envoyer des messages s\u2019il le fallait.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Apr\u00e8s une trentaine de minutes de recherche, Ari tomba nez \u00e0 \u00e9cran avec un message concernant un certain Avner Sokol. D\u2019abord, Ari sourit. Le nom lui avait saut\u00e9 aux yeux parmi une multitude d\u2019informations. Dans un communiqu\u00e9 de presse, \u00e9manant d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9e, \u00e9tait d\u00e9mentie la rumeur selon laquelle Avner Sokol avait fait partie du personnel destin\u00e9 \u00e0 la derni\u00e8re manifestation autoris\u00e9e, avant le confinement, du Rassemblement national. Amus\u00e9, Ari cliqua m\u00e9caniquement sur le lien. Ce nom, il le connaissait.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">La chance semblait \u00eatre avec lui&nbsp;! Une chance impudente. Avner Sokol \u00e9tait le seul personnage d\u2019inspiration r\u00e9elle qu\u2019il avait inocul\u00e9 dans La Galerie sans le modifier. Un des premiers personnages, fournis lors de la premi\u00e8re livraison \u00e0 Juan. Et voil\u00e0 que son Troyen se mat\u00e9rialisait.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Toujours attabl\u00e9 devant l\u2019\u00e9cran de l\u2019ordinateur, Ari alluma une nouvelle cigarette, plissa les yeux et remonta le fil d\u2019actualit\u00e9s pour conna\u00eetre l\u2019historique des messages et la \u00ab&nbsp;fausse&nbsp;\u00bb histoire d\u2019Avner Sokol.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">La page Facebook mentionnait un lien sur Vk \u2013 le r\u00e9seau social russe \u2013 qui lui-m\u00eame renvoyait vers une discussion, anim\u00e9e, sur Reddit. Dans ce fil, un \u00e9lu local, proche du Rassemblement National, s\u2019\u00e9tonnait de la contamination au BTA12 de nombreux jeunes identitaires b\u00e9n\u00e9voles suite \u00e0 la pr\u00e9sence d\u2019un agent de s\u00e9curit\u00e9 d\u2019origine juive. \u00ab&nbsp;Quel isra\u00e9lite serait assez fou pour s\u00e9curiser une de nos manifestations&nbsp;?&nbsp;\u00bb avait not\u00e9 le faf \u00e9dile. \u00ab&nbsp;Sinon pour nous contaminer&nbsp;!&nbsp;\u00bb avait-il r\u00e9pondu au gr\u00e9 des commentaires.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Les internautes, plus d\u00e9vou\u00e9s \u00e0 la cause poujadiste que Pierrot, s\u2019\u00e9taient empar\u00e9s du d\u00e9bat, rapidement et avec une certaine nervosit\u00e9. La mayonnaise avait pris. Des tas de liens complotistes venaient \u00e9tayer les propos des uns et contredire ceux des autres. Si bien que la soci\u00e9t\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9e, qui n\u2019existait pas, s\u2019\u00e9tait fendue d\u2019un communiqu\u00e9 de presse que jamais les journalistes n\u2019avaient re\u00e7u.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Les seules poussi\u00e8res capables d\u2019enrayer la m\u00e9canique \u00e9taient Ari et cette \u00e9trange intuition qui l\u2019avait pouss\u00e9 \u00e0 miner, par une fois, La Galerie fournie \u00e0 Juan. Avner Sokol n\u2019\u00e9tait pas une invention. Loin de l\u00e0.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-text-align-center has-luminous-vivid-amber-color\">***<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Dans le monde entier, la pand\u00e9mie semblait stagner. Le rythme effr\u00e9n\u00e9 des contaminations \u00e9tait endigu\u00e9 par les mesures drastiques de confinement. L\u2019incubation du BTA12 prenait entre trois et sept jours, les scientifiques en \u00e9taient certains. Les populations les plus expos\u00e9es semblaient \u00eatre identifiables. On parlait surtout de vieillards affubl\u00e9s de maladies chroniques, ou encore de patients ayant des pathologies d\u00e9j\u00e0 existantes.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Le BTA12 semblait mettre en exergue les styles de vie occidentaux. Plus le foie \u00e9tait riche, plus l\u2019air \u00e9tait vici\u00e9 par les climatisations et les d\u00e9jections gazeuses des SUV, plus l\u2019impact \u00e9tait grand. Dans les marais du Pantanal, dans la sierra africaine, dans les toundras en bord de p\u00f4le ou encore \u00e0 Gobi, pourtant voisin de l\u2019\u00e9picentre, on mourrait moins que dans les r\u00e9gions industrialis\u00e9es de l\u2019Europe ou dans les centres \u00e9conomiques n\u00e9vralgiques comme New York, Tokyo ou encore Londres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Malgr\u00e9 tout cela, les gouvernements travaillaient d\u00e9j\u00e0 d\u2019arrache-pied au d\u00e9confinement. Lib\u00e9rer l\u2019\u00e9conomie \u00e9tait plus important que de contraindre l\u2019homme \u00e0 pr\u00e9server sa sant\u00e9 et celle des autres. Ainsi les pays d\u00e9velopp\u00e9s, la vieille Europe et les \u00c9tats-Unis s\u2019ing\u00e9niaient \u00e0 contrer le monopole de fait impos\u00e9 par les Chinois depuis des d\u00e9cennies. La fain\u00e9antise, l\u2019aisance et l\u2019outrecuidance se payent, \u00e0 terme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Le plus grand laboratoire \u00e0 ciel ouvert qu\u2019\u00e9tait l\u2019Afrique voyait d\u00e9j\u00e0 l\u2019aide humanitaire int\u00e9ress\u00e9e prendre possession des veines des enfants allant nus pieds dans l\u2019argile rouge. Squatt\u00e9s, leurs vaisseaux sanguins s\u2019emplissaient all\u00e9grement de substances diverses et vari\u00e9es envoy\u00e9es depuis les pays o\u00f9 la plupart des bambins \u00e9taient confin\u00e9s derri\u00e8re une console de jeux.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Dans les parties gauches des h\u00e9micycles, on r\u00eavait d\u2019une prise de conscience comme d\u2019un Grand soir. Au centre, on craignait de jouer \u00e0 l\u2019\u00e9quilibriste entre l\u2019Homme et la Machine. \u00c0 droite, le temps \u00e9tait au lustrage des \u00e9gos des capitaines d\u2019industrie attendant f\u00e9rocement les ordres du Syst\u00e8me et de ses troupes d\u2019actionnaires. Les nationalistes de tous bords veillaient. Seuls garants de la fermeture des fronti\u00e8res, selon eux, et de la pr\u00e9servation des espaces locaux, r\u00e9gionaux et nationaux, la vedette leur avait \u00e9t\u00e9 vol\u00e9e. Les apparentes unit\u00e9s nationales d\u2019une Europe d\u00e9sunifi\u00e9e avaient \u00e9t\u00e9 capables de fermer les fronti\u00e8res. Maintenant, elles reprenaient petit \u00e0 petit leur forme premi\u00e8re et \u0153uvraient \u00e0 rouvrir les d\u00e9marcations pour mieux sabrer les radicaux, les identitaires et les autres nationalistes. Le mal couvait, pr\u00e9gnant et dont le visage n\u2019avait plus d\u2019ombre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Pour le plus grand malheur des citoyens inquiets d\u2019une reprise \u00e9conomique difficile, les pouvoirs sp\u00e9ciaux avaient \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s. Des lois sp\u00e9cialement \u00e9dict\u00e9es pouvaient d\u00e9sormais \u00eatre sorties du chapeau sous n\u2019importe quel pr\u00e9texte. Et l\u2019avanc\u00e9e technologique coupl\u00e9e \u00e0 l\u2019arsenal juridique et judiciaire donnaient aux avertis d\u00e9fenseurs des libert\u00e9s individuelles des sueurs glaciales inversement proportionnelles aux probl\u00e8mes climatiques qu\u2019un r\u00e9pit provoqu\u00e9 par la chute de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique \u00e9tait venu cristalliser momentan\u00e9ment. C\u2019\u00e9tait \u00e0 se demander \u00e0 qui pouvait profiter le crime. La Nature s\u2019\u00e9tait-elle mise au service des n\u00e9o-fascistes&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-text-align-center has-luminous-vivid-amber-color\">***<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Les bureaux d\u2019Analytika n\u2019avaient pas d\u00e9sempli depuis le d\u00e9but de la crise. Rares \u00e9taient ceux qui avaient eu recours au t\u00e9l\u00e9travail. Juan avait insist\u00e9 pour qu\u2019un service minimum soit assur\u00e9. Le tout s\u2019\u00e9tait organis\u00e9 dans une ambiance f\u00e9brile. Et nombreux \u00e9taient ceux qui avaient r\u00e9pondu &nbsp;pr\u00e9sents.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Mais ce matin-l\u00e0, il \u00e9tait encore bien trop t\u00f4t pour croiser une pr\u00e9sence dans les bureaux. Finalement, Juan avait c\u00e9d\u00e9 \u00e0 L\u00e9na, une fois de plus. Elle \u00e9tait couch\u00e9e dans la petite maison \u00e0 \u00e9tage au bout du parc priv\u00e9. Elle dormait encore. Son air ang\u00e9lique \u00e9tait sans doute d\u00fb \u00e0 la diaphan\u00e9it\u00e9 de sa peau, \u00e0 l\u2019aspect duveteux de ses rares poils pubiens, au caract\u00e8re soyeux de ses longs cheveux et \u00e0 la juste proportion entre la taille de ses seins, celle des mamelons et celle des t\u00e9tons d\u2019une couleur uniforme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Juan l\u2019avait bais\u00e9e rapidement, mais intens\u00e9ment. Elle s\u2019\u00e9tait laiss\u00e9e faire. L\u00e0 aussi, il \u00e9tait le patron. Elle avait ob\u00e9i, n\u2019avait rien refus\u00e9 et n\u2019avait \u00e9t\u00e9 active que dans les r\u00e2les poissards. Il avait aim\u00e9 \u00e7a. Elle avait feint de ne pas demander plus.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">L\u00e9na dormait encore au rez-de-chauss\u00e9e du petit cottage. Juan \u00e9tait, quant \u00e0 lui, \u00e0 l\u2019\u00e9tage. Devant son ordinateur, il buvait un grand verre d\u2019eau p\u00e9tillante fraichement d\u00e9capsul\u00e9e. Nu comme un ver sur le fauteuil de bureau en peau tendue, dont le cuir se r\u00e9chauffait peu \u00e0 peu. Dehors, il faisait encore sombre. Une premi\u00e8re lumi\u00e8re s\u2019alluma au premier \u00e9tage du b\u00e2timent de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du parc priv\u00e9. \u00ab&nbsp;Un membre du BNU, sans doute&nbsp;\u00bb, pensa Juan en \u00e9cartant la lourde tenture.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">La main recouvrant la souris, il h\u00e9sita encore un moment avant de cliquer sur le bouton envoi dans la fen\u00eatre \u00ab&nbsp;op\u00e9ration contacts physiques&nbsp;\u00bb du superordinateur qu\u2019il pilotait \u00e0 distance. Le timing n\u2019\u00e9tait pas tout \u00e0 fait le bon. M\u00eame si le d\u00e9confinement s\u2019amor\u00e7ait, avec Claude, Ari et Paula dans la nature ou presque, l\u2019op\u00e9ration pouvait capoter. Mais il n\u2019avait plus le choix. Il cliqua. La phase deux de l\u2019op\u00e9ration LAND \u00e9tait amorc\u00e9e. Il \u00e9tait temps de lancer ses soldats charg\u00e9s de BTA12+.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-text-align-center has-luminous-vivid-amber-color\">***<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Ari s\u2019\u00e9veilla \u00e0 l\u2019aide du vieux r\u00e9veil beige \u00e0 remontoir qu\u2019il avait trouv\u00e9 dans la table de chevet de la plus petite des chambres du pavillon de chasse. Il se rendit dans la salle de bain et se d\u00e9barbouilla. Quelques heures plus t\u00f4t, en rentrant de la \u00ab&nbsp;maison \u00e0 l\u2019ordinateur&nbsp;\u00bb, il avait pris un long bain, le dernier dans le pavillon.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Il fit le tour de la salle de bain. Il n\u2019y avait rien oubli\u00e9. Idem pour la chambre dans laquelle son sac de voyage \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00eat. Il enfila son jeans, son polo \u00e0 longues manches, passa un pull \u00e0 col en V et serra les chaussures de marche qu\u2019il avait trouv\u00e9es dans la remise. Des chaussures Aigle beiges, parfaitement \u00e0 sa taille, et ayant peu servi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Dans le salon, il remit comme il put ce qu\u2019il avait d\u00e9rang\u00e9. Il avait, au maximum, nettoy\u00e9 les traces de son passage. M\u00eame les cendres, il les avait jet\u00e9es dans le puits \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Quant aux conserves et aux bouteilles vid\u00e9es, il les remisa en les recouvrant d\u2019autant de poussi\u00e8re que celles qu\u2019il n\u2019avait pas touch\u00e9es. Remettre de l\u2019ordre n\u2019\u00e9tait pas une question de furtivit\u00e9, mais de respect. Un respect relatif au regard de la gn\u00f4le qu\u2019il avait ingurgit\u00e9e.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">En temps normal, Ari aurait fui de nuit, mais la p\u00e9riode de confinement \u00e9tant toujours d\u2019actualit\u00e9, il ne voulait pas prendre de risques. Il quitta le pavillon, le c\u0153ur un peu serr\u00e9 par ces quatre jours \u00e9tonnants. Il se retourna encore une fois en fermant la grille. L\u2019h\u00e9sitation avait disparu.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Quelques instants apr\u00e8s, alors qu\u2019il avait tourn\u00e9 au coin de la rue, il arpenta quelques m\u00e8tres sur la route nationale. Elle n\u2019\u00e9tait fr\u00e9quent\u00e9e que par quelques rares camions. Il s\u2019engouffra ensuite dans la petite ruelle o\u00f9 se trouvait la \u00ab&nbsp;maison \u00e0 l\u2019ordinateur&nbsp;\u00bb et y entra. Il v\u00e9rifia encore une fois qu\u2019il n\u2019avait pas laiss\u00e9 trop de traces. Et contrairement au pavillon, il fit en sorte d\u2019effacer ses empreintes. Ce qu\u2019il s\u2019appr\u00eatait \u00e0 commettre \u00e9tait un vol. T\u00f4t ou tard, une enqu\u00eate aurait lieu.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Il embarqua tout le mat\u00e9riel informatique vers la grange et le pla\u00e7a \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du vieux Rancho Talbot-Matra. Par chance l\u2019ersatz de 4X4 n\u2019\u00e9tait pas de la teinte orang\u00e9e habituelle, non&nbsp;! Il \u00e9tait d\u2019un gris fonc\u00e9 qui passait presque inaper\u00e7u. Comme la veille, le v\u00e9hicule d\u00e9marra au quart de tour. La m\u00e9canique \u00e9tait encore valable malgr\u00e9 le temps qui avait pass\u00e9. Et les quarante mille kilom\u00e8tres qu\u2019affichait le compteur en faisaient presque une pucelle autorouti\u00e8re. Ari \u00e9tait en veine. Enfin, autant qu\u2019il p\u00fbt l\u2019\u00eatre.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Il embarqua son sac et la voiture fila vers la sortie du village. Cette fois, il \u00e9tait \u00e0 nouveau sur les routes. Bien que toujours muni de sa carte de presse, il \u00e9tait \u00e0 la merci de la moindre avarie. Ce qui n\u2019\u00e9tait pas tout \u00e0 fait pour lui d\u00e9plaire. En quelques jours, Ari avait chang\u00e9. Quelque chose s\u2019\u00e9tait lib\u00e9r\u00e9. Comme s\u2019il \u00e9tait devenu un peu plus encore l\u2019acteur de sa vie, tout en vivant une vie de personnage de roman. Un bestseller, cette fois-ci.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color\">Il y avait encore une profusion d\u2019obstacles devant lui. Certains \u00e9taient pr\u00e9visibles ou envisageables. D\u2019autres \u00e9taient impr\u00e9dictibles ou n\u2019\u00e9taient pas encore assis \u00e0 la table du destin. Mais, Ari avait d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019adapter. Le prochain obstacle \u00e9tait la fronti\u00e8re belge. Le suivant serait celle entre la Belgique et l\u2019Allemagne. Un peu plus de quatre cents kilom\u00e8tres le s\u00e9paraient de la piste qu\u2019il suivait. Il avait tout pari\u00e9 sur le fait qu\u2019elle \u00e9tait toujours en contact avec son p\u00e8re naturel. Gr\u00e2ce \u00e0 une petite information dans la presse r\u00e9gionale, il avait d\u00e9couvert le lien entre Alain Trisit et celle qu\u2019il pr\u00e9sentait d\u00e9sormais comme sa fille enfin retrouv\u00e9e&nbsp;: Paula Lebrun.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-text-align-center has-luminous-vivid-amber-color\">***<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-text-align-center has-very-dark-gray-color has-luminous-vivid-amber-background-color\"><strong>&#8211; FIN DE L\u2019EPISODE 6-<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-text-align-center has-luminous-vivid-amber-color has-vivid-red-background-color\">Vous retrouverez le prochain \u00e9pisode lors de la parution du roman La Galerie en juillet 2020.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deux possibilit\u00e9s s\u2019offrent \u00e0 vous pour lire cet \u00e9pisode : ==&gt; Soit dans le flibook juste ci-desssous==&gt; Soit directement sur cette page (voir plus bas). \u00c9PISODE SIX &#8211; CHACUN SA ROUTE L\u2019eau du bain \u00e9tait chaude. Ari s\u2019immergea dans l\u2019immense baignoire dont il ne parvenait pas \u00e0 toucher les deux extr\u00e9mit\u00e9s en m\u00eame temps. De [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":109,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-336","page","type-page","status-publish","hentry"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v14.6.1 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Episode six - Roman-feuilleton<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow\" \/>\n<meta name=\"googlebot\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<meta name=\"bingbot\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/bsdrs.org\/index.php\/episodes\/episode-six\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Episode six - Roman-feuilleton\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Deux possibilit\u00e9s s\u2019offrent \u00e0 vous pour lire cet \u00e9pisode : ==&gt; Soit dans le flibook juste ci-desssous==&gt; Soit directement sur cette page (voir plus bas). \u00c9PISODE SIX &#8211; CHACUN SA ROUTE L\u2019eau du bain \u00e9tait chaude. Ari s\u2019immergea dans l\u2019immense baignoire dont il ne parvenait pas \u00e0 toucher les deux extr\u00e9mit\u00e9s en m\u00eame temps. De [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/bsdrs.org\/index.php\/episodes\/episode-six\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Roman-feuilleton\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/aspiceditions\/?modal=admin_todo_tour\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2020-05-02T14:03:32+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:creator\" content=\"@AlexHosRomans\" \/>\n<meta name=\"twitter:site\" content=\"@AlexHosRomans\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/bsdrs.org\/#website\",\"url\":\"https:\/\/bsdrs.org\/\",\"name\":\"Roman-feuilleton\",\"description\":\"Projet Confinement\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":\"https:\/\/bsdrs.org\/?s={search_term_string}\",\"query-input\":\"required name=search_term_string\"}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/bsdrs.org\/index.php\/episodes\/episode-six\/#webpage\",\"url\":\"https:\/\/bsdrs.org\/index.php\/episodes\/episode-six\/\",\"name\":\"Episode six - Roman-feuilleton\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/bsdrs.org\/#website\"},\"datePublished\":\"2020-05-02T11:34:38+00:00\",\"dateModified\":\"2020-05-02T14:03:32+00:00\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/bsdrs.org\/index.php\/episodes\/episode-six\/\"]}]}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bsdrs.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/336","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bsdrs.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/bsdrs.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bsdrs.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bsdrs.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=336"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/bsdrs.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/336\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":341,"href":"https:\/\/bsdrs.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/336\/revisions\/341"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bsdrs.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/109"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bsdrs.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=336"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}